Une jeune fille et un jeune homme marche sur une route cabossée, étrange endroit que ce paysage, noir et desordonné. Le jeune homme marche rapidement et la jeune fille trottine pour le rattraper. Ses pieds sont nus et noirs de crasse, mais cela ne semble pas la déranger. Elle prend la parole.
~ C'est drôle parce que tes yeux sont grands. Je dirais même un peu trop grands. Et qu'est-ce qu'ils sont bleus... Je dirais meme un peu trop bleus. Tu me racontes une histoire, dit ?
Chut, Lulabulle,chut... Si tu te concentres trop sur moi, alors il sera trop tard. Prends ma main. Comme une pierre, dure et froide, prend là et ne dis plus rien. S'il-te plait. Suis moi sur le chemin de la couleur et quittons ensemble cet endroit sale qui n'es pas pour toi.
Mais cet endroit, moi je l'aime ! C'est ici que je me sens le mieux, dans le sale, parce que ça va bien avec ma peau toute blanche toute belle, hein dit? Tu ne trouves pas? Et d'abords, j'ai pas envie de me taire, parce que c'est toi qui as trop parlé et tu m'as donnée envie de te répondre. Je sais que j'ai raison. Mon petit papa, racontes moi une histoire!
Je ne suis pas ton papa, Lulabulle! Et je ne connais que des histoires qui font danser les larmes brillantes, et trembler ton menton, je ne connais que des histoires pour les petites filles pas sages, ou trop coquines, parce que nous sommes ici. Si nous allions vers le chemin de la couleur, alors je te raconterais les jolies choses, peuplées d'herbe fraiche et de fruits rouges qui te sucrent et te sucent les lèvres. Les histoires qu'on a oublié. Tu ne t'en souviens pas, et moi non plus. Si nous allions vers le chemin de la couleur, tu guérirais et je penses qu'au fond de toi tu le sais simplement tu fais expres de jetter sur ton coeur les cailloux de l'oubli. Et la maladie qui aggrave tout... Moi je t'aime, malade ou pas je t'aime.
Tu ne me dis pas je t'aime, petit papa! Tu n'as pas le droit, petit papa!
Je ne suis pas ton papa. ~
Le jeune homme arrête de marcher, et regarde la jeune fille droit dans les yeux. Ses poings se serrent un peu plus et la jeune fille tressaille. Ses cheveux voletent tout autour de son visage rond.
~Mais je veux un papa! Qui m'offre des nounours souriants et des noeuds pour les cheveux. Ils sont jolis mes cheveux hein? Quand je les regardais à travers le soleil, avant, ils étaient tellement blonds, on aurait dit de l'or ! Mais ici, le soleil, on ne le vois même plus.
C'est pour ça qu'on doit y aller... Tu me manques petite Lulabulle. Allez suis moi et marche plus vite.~
Tout deux repartent sur cette route sale ou la neige noire tombe doucement.